Résumé de l’étape 3 : Pinot avec panache

Résumé de l’étape 3 : Pinot avec panache

Il fallait être matinal pour assister au départ, ce matin, de la dernière étape du Tour de l’Ain, aux abords du célèbre Parc des Oiseaux de Villars-lès-Dombes. Départ à 8h20 d’une étape grandement attendue. L’étape reine, comme on dit. Hier, Alexandre Geniez s’était imposé au sommet du col de la Faucille et des écarts avant été faits entre les quatre plus forts et le reste des prétendants. Néanmoins, on savait que les cartes allaient être redistribuées. Arrivée au sommet. Et quel sommet ! Le Col du Grand Colombier. Un col légendaire, réputé et craint. Le Tour de l’Ain n’y était plus arrivé depuis 2011. Pour que la fête soit totale, la course pro a été précédée de la course cadets et de la cyclosportive, en présence du double vainqueur du Tour de France Alberto Contador. Geniez a-t-il conservé son maillot de leader ? Le favori Thibaut Pinot est-il à nouveau passé à l’offensive ? Place au résumé.

Le départ réel est donné à 8h25 et déjà des coureurs tentent de prendre la poudre d’escampette. Un groupe de six coureurs se forme : Romain Sicard (Total Direct Energie), Delio Fernandez Cruz (Delko Marseille Provence), Brice

Crédit : Elisa Haumesser / Tour de l’Ain

Feillu (Arkéa-Samsic), Xandro Meurisse (Wanty-Gobert Cycling Team), Quentin Pacher (Vital Concept-B&B Hôtels) et Patrick Haller (Allemagne). L’écart monte jusqu’à 3’15 mais le peloton contrôle et revient progressivement.

L’Allemand Haller passe en tête de la première côte, l’échappée collabore mais derrière, les Groupama – FDJ mettent la machine en marche. Sentant le peloton revenir, Quentin Pacher tente l’aventure en solitaire. Le Grand Colombier se profile. Ses premières pentes arrivent déjà et Pacher les aborde en tête, suivi de Sicard et Fernandez Cruz. Ce dernier faussera même compagnie à Sicard pour revenir, seul, sur Pacher. Derrière, le peloton s’égrène. Surprise : le maillot jaune, Alexandre Geniez, est rapidement distancé. Le Tour de l’Ain est perdu pour lui, mais on attend désormais son coéquipier Mathias Frank, troisième hier, pour faire briller les couleurs de l’équipe AG2R – La Mondiale. Et lorsque que Thibaut Pinot (Groupama – FDJ) décide de s’extirper du peloton pour fondre sur la tête de course, le Suisse le suit. Un temps seulement. Pinot, trop fort, le lâche et s’envole seul. Derrière, Frank fait équipe avec le coureur de la Gazprom Aleksey Rybalkin. Vingt secondes. Trente. Cinquantes. Pinot est impérial. Les autres favoris, dans différentes groupes de contre, tentent de limiter la casse mais la pente est terrible. Pour la première place, il n’y a plus de doute. Elie Gesbert (Arkéa- Samsic) saisit alors sa chance, sort d’un groupe qui avait repris Frank et Rybalkin et prend quelques longueurs, imité bientôt par Rybalkin.

Pinot aperçoit déjà la ligne d’arrivée, et la franchit sous un tonnerre d’applaudissements. C’est pour lui un retour gagnant sur les routes du Tour de l’Ain, qu’il avait déjà remporté en 2017. Gesbert et Rybalkin complète le podium de l’étape. Au classement général, Pinot devance Frank et Taaramaë, le coureur estonien de l’équipe Total – Direct Energie. C’est la razzia pour Pinot qui remporte aussi le maillot de meilleur grimpeur et le maillot vert du classement par points. Vadim Pronskiy est meilleur jeune de ce Tour de l’Ain 2019. Quant à l’équipe AG2R – La Mondiale, elle se console avec le titre de meilleure équipe.

 

Photographies : Elisa Haumesser / Tour de l’Ain

Résumé de l’étape 2 : Geniez en costaud au col de la Faucille

Résumé de l’étape 2 : Geniez en costaud au col de la Faucille

Ce samedi avait lieu la deuxième étape du Tour de l’Ain 2019, entre Bellignat et le Col de la Faucille. En jaune, on retrouvait Stefan Bissegger, vainqueur hier, au sprint. Mais aujourd’hui, on attendait davantage un autre type de coureurs : les grimpeurs. Un nom sur toutes les lèvres : Thibaut Pinot. Le coureur de la Groupama-FDJ possède en effet toutes les qualités pour s’imposer au sommet du Col de la Faucille. Néanmoins, nombreux étaient ses concurrents. Nombreux et déterminés. 

Il aura fallu attendre une quinzaine de kilomètres pour qu’un groupe se dégage. Le deuxième du Paris-Roubaix 2019, Nils Politt (Katusha-Alpecin), emmène avec lui Angelo Tulik (Total – Direct Énergie) et Alexis Gougeard (AG2R-La Mondiale). Rapidement, trois autres coureurs les rejoignent. Tulik passe en tête de la première côte et prend dès à points pour le classement de meilleur grimpeur. A la deuxième côte, à la faveur d’une scission dans le groupe de tête, c’est Nils Politt qui passe en tête. Le peloton s’agite,  d’autres coureurs partent en contre. On voit notamment Aurélien Parret-Peintre (AG2R), Julien El Farès (Delko Marseille Provence)… 

Les favoris à l’offensive

C’est alors qu’au col de Menthières, Thibaut Pinot attaque. Favori, le Franc-comtois provoque une cassure et le retour de son groupe sur les échappés. S’en suivent de nombreuses tentatives. Les attaques fusent dans la descente, mais aucun coureur n’arrive à faire la différence. 

Aucun ? C’est trop tôt oublier Alexis Gougeard, encore lui, qui s’envole et prend jusqu’à 35 secondes d’avance. À noter que son équipe compte alors quatre coureurs en tête. Dans la montée finale, cependant, Gougeard paye ses efforts et subit le travail remarquable du coéquipier de Pinot, Romain Seigle (Groupama-FDJ). Lorsque ce dernier s’écarte, Pinot attaque. Trois coureurs peuvent le suivre : Frank et Geniez (AG2R-La Mondiale) et Artem Nych (Gazprom-Rusvelo). Le coureur russe a des fourmis dans les jambes. Les attaques s’enchaînent. La ligne approche. Frank tente une dernière fois, mais il faut se rendre à l’évidence : le groupe de quatre se départagera au sprint. Et à ce jeu, c’est Alexandre Geniez qui se montre le plus fort. Il devance Thibaut Pinot, son équipier Mathias Frank et Artem Nych. 

Thibaut Pinot (GFC)

Changement de leader  : Geniez, le vainqueur du jour, revêt le maillot jaune. Rien n’est fait cependant. Le suspens reste entier et les meilleurs grimpeurs du Tour de l’Ain pourront se départager dans la difficile ascension du col du Grand Colombier.  

Photos : © E. Haumesser / Tour de l’Ain

Résumé de l’étape 1 : Stefan Bissegger le plus rapide

Résumé de l’étape 1 : Stefan Bissegger le plus rapide

Après des jours de grisaille, le soleil est de retour. De retour, comme le Tour de l’Ain dont la première étape s’élançait ce matin de Bourg-en-Bresse. Au programme, une étape de 162 km avec deux cols répertoriés : la côte de Roissiat (4ème catégorie) et la côte de Treffort (3ème catégorie). Pour le reste, du plat. Mais l’enjeu n’était pas moindre : conquérir la première étape et, surtout, les maillots de leaders.

Attaques et contre-attaques

Il n’est donc pas étonnant de voir les coureurs les plus audacieux attaquer dès les premiers kilomètres et prendre la poudre d’escampette. Claudio Imhof de l’équipe de Suisse et Alex Dowsett, de la Katusha – Alpecin, ont vite pris quelques longueurs mais le solide rouleur britannique et son compère ont vite été repris par le peloton. Les tentatives s’enchainent, mais, intransigeant, le peloton revient. Les Katusha – Alpecin, notamment, s’emploient à maintenir à rythme élevé jusqu’à ce que Gleb Brussenskiy (Vino-Astana Motors), Simon Pellaud (Suisse) et Tim Naberman (Development Team Sunweb) réussissent enfin à fausser compagnie au reste du peloton. L’écart grimpe : jusqu’à 2 minutes 50 d’avance. Derrière, on s’agite : Pierre Luc Périchon (Cofidis), Nils Politt (Katusha Alpecin) et Denis Nekrasov (Gazprom – Rusvelo) sortent en contre. On rappellera que Nils Politt est arrivé deuxième sur la classique Paris – Roubaix cette année, et ses compagnons d’échappée ont eux aussi bien des arguments à faire valoir. D’autant plus qu’Alexis Gougeard (AG2R – La Mondiale) vient les rejoindre. Devant, Simon Pellaud part seul et franchit la première côte en tête. Un maillot de meilleur grimpeur en vue ?

En contre, c’est la grande évasion. Ce ne sont plus, en effet, quatre coureurs mais huit qui s’activent pour revenir sur le Suisse – et éviter le retour du peloton. Le groupe finit par reprendre Pellaud, avant de se faire avaler par le peloton. Peu importe : le Suisse repart. Infatigable, il franchit la deuxième côte en tête : il sera meilleur grimpeur ce soir.  Et ce n’est pas tout : son coéquipier Claudio Imhof, qui avait déjà des fourmis dans les jambes en début d’étape, le rejoint. Le duo helvète possèdera jusqu’à 4 minutes d’avance, mais, sous l’impulsion des Vital Concept – B&B Hotels, le peloton revient, doucement mais sûrement, pour qu’un regroupement général s’opère enfin à seulement dix kilomètres de l’arrivée.  Un sprint massif se profile.

Un final agité

Voulez-vous un peu de suspens ? La Katusha – Alpecin, en tout cas, met tout son cœur à l’ouvrage pour provoquer des cassures. Les leaders se postent aux avants du peloton pour éviter tout risque. C’est alors qu’Alexis Gougeard, apparemment pas fatigué, attaque. Dans sa roue ? Son leader Alexandre Geniez, vainqueur de l’épreuve en 2015. Le peloton explose et une quinzaine de coureurs prennent quelques longueurs. Pour peu de temps. Regroupement.

Et qui revoilà donc ? Alexis Gougeard, l’infatigable ! Pugnace, le Normand remet une troisième couche mais cette fois-ci, l’offensive ne durera pas. Regroupement, à nouveau. Quel final !

Vers un sprint massif ?

Il est désormais trop tard pour partir seul. C’est un sprint massif qui départagera les coureurs. Il va falloir être fort – et correctement placé. Et à ce jeu, c’est un jeune coureur suisse qui surprend tout le monde.

Stefan Bissegger, vingt ans, anticipe le sprint et ne sera jamais dépassé. Quatrième victoire de la saison pour le jeune coureur. Il devance Lorrenzo Manzin (Vital Concept – B&B Hotels) et Anthony Maldonado (St-Michel-Auber 93). Il portera donc demain le premier maillot jaune de leader du Tour de l’Ain 2019. C’est sûr, l’équipe suisse a marqué les esprits aujourd’hui. À l’attaque et à la conclusion.  Bissegger ne sera d’ailleurs pas le seul helvète à grimper sur le podium ce soir puisque Simon Pellaud devient meilleur grimpeur. Bissegger s’empare également du maillot vert de leader du classement par points.

Photo : © Élisa Haumesser