Rencontre avec Alycia Peigne

Rencontre avec Alycia Peigne

Nous avons interviewé Alycia, assistante sportifs chez HP-BTP Auber 93. Rencontre avec une femme de l’ombre tellement importante dans une équipe cycliste, qui revient pour nous sur ses débuts, son métier et ses passions.

Bonjour Alycia, pourriez-vous tout d’abord vous présenter brièvement aux lecteurs du site du Tour de l’Ain ?

Bonjour à tous. Je m’appelle Alycia Peigne, j’ai 21 ans, je suis passionnée de cyclisme depuis toute petite. J’ai commencé le vélo à l’âge de 6 ans au sein du club de Verdun-sur-le-Doubs là où j’ai grandit. Puis j’ai arrêté à 16 ans. Depuis, je suis devenu assistante au sein de l’équipe cycliste professionnelle HP BTP-AUBER 93

Quel a été votre cursus scolaire et professionnel auparavant ?

J’ai un bac et j’ai fait 1 an et demi en école d’infirmière mais j’ai arrêté mes études pour faire le métier que je fais actuellement.
J’ai également suivi des formations massages pour sportifs à Azur Massages à Cran-Gevrier (près d’Annecy).

Comment êtes-vous arrivée au sein de l’équipe cycliste HP BTP-Auber 93 ?

L’hiver dernier, j’avais décidé d’arrêter avec mon ancienne équipe Marseille 13 KTM afin de préparer les entretiens d’entrée en école d’ostéopathie. Finalement, tout s’est bien déroulé et fin novembre, j’ai été admis au sein de l’ITO  (Institut Toulousain d’Ostéopathie). J’étais donc de nouveau disponible pour travailler et Stephan Gaudry m’a alors contacté pour travailler avec lui jusqu’à ma reprise d’études (en septembre). J’ai tout de suite dit oui. C’est vraiment un réel plaisir de travailler avec eux.

Vous êtes donc assistante sportifs dans cette équipe continentale, mais en quoi consiste exactement votre travail ?

Mon rôle est la préparation du ravitaillement des coureurs pour avant, pendant et après la course mais aussi les massages des coureurs pour les aider à la récupération.

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Quelles sont les principales contraintes de votre métier ? Vous devez être, comme les coureurs, constamment en déplacement non ?

Ça peut paraître bizarre mais dans mon métier, je ne trouve pas de contraintes. Car oui on est souvent en déplacement, en effet, mais ceci ne me dérange pas du tout. J’adore bouger constamment, rentrer tous les jours à la maison c’est pas pour moi ! On a une chance incroyable avec ce métier,  on voyages beaucoup.

Comment se déroule la journée type d’un(e) assistant(e) sur un jour de course ?

Tout d’abord, le matin avant la course il y a tout le ravitaillement à préparer pour les coureurs (boissons et nourriture). Ensuite, nous partons pour le départ avec quelques massages, au préalable.
Pendant la course, je dois me rendre à différents points pour faire ce qu’on appelle le ravitaillement. Puis je rejoins l’arrivée pour « accueillir » les coureurs et regarder aussi si l’un d’eux n’est pas au contrôle anti-dopage.
Puis retour à l’hôtel et là, il y a les massages pour les coureurs et des soins si nécessaire suite à des chutes… Enfin pour finir on fait un coup de nettoyage des véhicules.
Et on recommence le lendemain !

Parmi tous les coureurs que vous avez pu côtoyer, quels sont ceux pour lesquels vous gardez les meilleurs souvenirs ?

J’ai déjà énormément de bons souvenirs malgré le peu d’années en tant qu’assistante car mon métier était mon rêve depuis tout petite quand je regardais le Tour de France. Donc forcément aujourd’hui par exemple masser Romain Feillu, ça fait forcément plaisir. D’ailleurs, le jour où il a appris que j’étais fan lorsqu’il avait le maillot jaune sur le Tour, il est venu au massage avec un maillot dédicacé.

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L’année dernière aux 4 jours de Dunkerque,  je massais Ignatas Konovalovas,  il était leader et c’était vraiment important pour lui et l’équipe. C’était une course vraiment magique pour nous. Le dernière jour, c’était la joie à l’arrivée.
Un autre beau souvenir avec Julien Loubet à Paris-Camembert, la veille au massage il m’avait dit en rigolant « allez donne moi des bonnes jambes » et le lendemain il gagne, à l’arrivée il m’a remerciée direct après la ligne. Certes
c’est pas la massage qui l’a fait gagné mais ça restera un bon moment.

Je crois que j’ai un bon souvenir avec la plupart des coureurs car dans les équipes comme la nôtre, nous sommes que deux ou trois assistant(e)s et il y a 12 coureurs environ.  Donc on est toujours ensemble,  c’est comme une famille et les liens se tissent plus rapidement et facilement.

Entre les équipes cyclistes professionnelles, il existe une solidarité même si la compétition passe avant tout. Auriez-vous des anecdotes à nous raconter ?

Oui, il y a une solidarité entre nous car on peut avoir besoin de l’aide de quelqu’un un jour (soucis lors d’un ravitaillement ou manque de quelque chose).
Par exemple, un coureur autre que ceux de notre équipe qui nous demande un bidon, on le ravitaille. Pas le même maillot mais on partage tous le même sport alors un peu de solidarité.

À contrario, il vous arrive également (je suppose) de faire quelques plaisanteries envers d’autres équipes. Des histoires croustillantes à faire partager ?

Oh ça oui ! Des petites blagues.. mais tout cela reste dans la bonne humeur, évidemment ! [rire]

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Je crois savoir que vous êtes déjà venue à plusieurs reprises sur le Tour de l’Ain, quel regard avez-vous sur cette épreuve ?

Oui, je l’ai fait l’année dernière (en 2015).
C’est une très belle épreuve, bien organisée et avec toujours de superbes étapes !

Malgré votre emploi du temps, pratiquez-vous toujours du vélo ?

Bien sur que oui ! Bon moins souvent mais dès que je suis à la maison et que la météo le permet, je fais des petites sorties.. mais du vélo 100% plaisir.

En dehors du cyclisme, quelles sont vos autres passions ?

Je pratique la course à pieds aussi de plus en plus, notamment les matins avant de rejoindre le départ. J’avance le réveil de 30 min et avec un de mes collègue mécanicien, on fait notre demi-heure de footing.
J’aime voyager, découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles cultures.
Sinon j’aime beaucoup cuisiner, je crois que les coureurs et le staff de l’équipe peuvent confirmer. J’adore préparer de bons petits plats ou gâteaux.
J’ai également une autre passion qui sera bientôt mon métier : l’ostéopathie.  J’ai toujours été intriguée par ce métier.

Justement, à ce sujet, vous avez un projet professionnel bien précis me semble-t-il ? Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui en effet ! En septembre dernier, j’ai intégré l’Institut Toulousain d’Ostéopathie. Mon projet serait d’être ostéopathe au sein d’une équipe cycliste  professionnelle et de toujours garder aussi la partie massage.
Puis par la suite, ouvrir un cabinet d’ostéopathie dédié aux sportifs de haut niveau. C’est un projet un peu fou mais je le veux vraiment et je pense que ça en vaut la peine.

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Si vous deviez vous définir en quelques mots, quels seraient-ils ?

Euh… Je sais pas trop. Quelqu’un de déterminée et toujours motivée quoi qu’il arrive. Après c’est difficile, il faudrait demander à mes collègues. [rire]

Avez-vous une devise ?

Oui : « Si tu peux en rêver alors tu peux le réaliser. »

Pour terminer, le mot de la fin, c’est à vous ?

Merci pour cette interview, bonne fin d’année à tous et par avance, bon Tour de l’Ain 2017 !
Et puis, je rajouterai : « Si vous avez des rêves, il faut les poursuivre, sait-on jamais.. ».