Résumé de l’étape 1 : Stefan Bissegger le plus rapide

Résumé de l’étape 1 : Stefan Bissegger le plus rapide

Après des jours de grisaille, le soleil est de retour. De retour, comme le Tour de l’Ain dont la première étape s’élançait ce matin de Bourg-en-Bresse. Au programme, une étape de 162 km avec deux cols répertoriés : la côte de Roissiat (4ème catégorie) et la côte de Treffort (3ème catégorie). Pour le reste, du plat. Mais l’enjeu n’était pas moindre : conquérir la première étape et, surtout, les maillots de leaders.

Attaques et contre-attaques

Il n’est donc pas étonnant de voir les coureurs les plus audacieux attaquer dès les premiers kilomètres et prendre la poudre d’escampette. Claudio Imhof de l’équipe de Suisse et Alex Dowsett, de la Katusha – Alpecin, ont vite pris quelques longueurs mais le solide rouleur britannique et son compère ont vite été repris par le peloton. Les tentatives s’enchainent, mais, intransigeant, le peloton revient. Les Katusha – Alpecin, notamment, s’emploient à maintenir à rythme élevé jusqu’à ce que Gleb Brussenskiy (Vino-Astana Motors), Simon Pellaud (Suisse) et Tim Naberman (Development Team Sunweb) réussissent enfin à fausser compagnie au reste du peloton. L’écart grimpe : jusqu’à 2 minutes 50 d’avance. Derrière, on s’agite : Pierre Luc Périchon (Cofidis), Nils Politt (Katusha Alpecin) et Denis Nekrasov (Gazprom – Rusvelo) sortent en contre. On rappellera que Nils Politt est arrivé deuxième sur la classique Paris – Roubaix cette année, et ses compagnons d’échappée ont eux aussi bien des arguments à faire valoir. D’autant plus qu’Alexis Gougeard (AG2R – La Mondiale) vient les rejoindre. Devant, Simon Pellaud part seul et franchit la première côte en tête. Un maillot de meilleur grimpeur en vue ?

En contre, c’est la grande évasion. Ce ne sont plus, en effet, quatre coureurs mais huit qui s’activent pour revenir sur le Suisse – et éviter le retour du peloton. Le groupe finit par reprendre Pellaud, avant de se faire avaler par le peloton. Peu importe : le Suisse repart. Infatigable, il franchit la deuxième côte en tête : il sera meilleur grimpeur ce soir.  Et ce n’est pas tout : son coéquipier Claudio Imhof, qui avait déjà des fourmis dans les jambes en début d’étape, le rejoint. Le duo helvète possèdera jusqu’à 4 minutes d’avance, mais, sous l’impulsion des Vital Concept – B&B Hotels, le peloton revient, doucement mais sûrement, pour qu’un regroupement général s’opère enfin à seulement dix kilomètres de l’arrivée.  Un sprint massif se profile.

Un final agité

Voulez-vous un peu de suspens ? La Katusha – Alpecin, en tout cas, met tout son cœur à l’ouvrage pour provoquer des cassures. Les leaders se postent aux avants du peloton pour éviter tout risque. C’est alors qu’Alexis Gougeard, apparemment pas fatigué, attaque. Dans sa roue ? Son leader Alexandre Geniez, vainqueur de l’épreuve en 2015. Le peloton explose et une quinzaine de coureurs prennent quelques longueurs. Pour peu de temps. Regroupement.

Et qui revoilà donc ? Alexis Gougeard, l’infatigable ! Pugnace, le Normand remet une troisième couche mais cette fois-ci, l’offensive ne durera pas. Regroupement, à nouveau. Quel final !

Vers un sprint massif ?

Il est désormais trop tard pour partir seul. C’est un sprint massif qui départagera les coureurs. Il va falloir être fort – et correctement placé. Et à ce jeu, c’est un jeune coureur suisse qui surprend tout le monde.

Stefan Bissegger, vingt ans, anticipe le sprint et ne sera jamais dépassé. Quatrième victoire de la saison pour le jeune coureur. Il devance Lorrenzo Manzin (Vital Concept – B&B Hotels) et Anthony Maldonado (St-Michel-Auber 93). Il portera donc demain le premier maillot jaune de leader du Tour de l’Ain 2019. C’est sûr, l’équipe suisse a marqué les esprits aujourd’hui. À l’attaque et à la conclusion.  Bissegger ne sera d’ailleurs pas le seul helvète à grimper sur le podium ce soir puisque Simon Pellaud devient meilleur grimpeur. Bissegger s’empare également du maillot vert de leader du classement par points.

Photo : © Élisa Haumesser