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Ils sont passés au révélateur du Tour de l’Ain
22 juillet 2020

Il faut savoir lire entre les lignes du palmarès du Tour de l’Ain, pour y découvrir des talents en devenir. C’est souvent avec le recul, après quelques saisons de maturation, que le bon grain récolté sur les routes du département 01 se révèle comme un grand cru. C’est la course qui permet aux jeunes de se faire connaître, de dévoiler les talents en devenir. La montagne ne ment pas, et il faut bien avoir à l’esprit que cette épreuve figure parmi les plus difficiles du calendrier. Les grimpeurs n’en ont pas tant à se mettre sous les roues. On se souvient de la joie manifestée jadis par de purs escaladeurs comme John Gadret (2007), Carl Naibo (2005) ou encore l’Auvergnat David Delrieu (1996), heureux comme des cadets après avoir inscrit le Tour de l’Ain à leur palmarès.

Aujourd’hui encore, quand ils se présentent en bas du Grand Colombier ou de la Faucille, des frissons parcourent l’échine des rois de la montagne, et ils se lancent sans calcul vers le sommet. Il y a des images qui nous reviennent, quand on égrène les éditions passées, comme celle de Julian Alaphilippe, fulgurant lauréat en 2014 d’une victoire d’étape à Arbent, sa première dans les rangs professionnels, lui qui n’était alors connu et reconnu que comme un spécialiste du cyclo-cross. Sa façon de manifester rageusement sa joie en franchissant la ligne, en disait long sur son tempérament de feu. Quelques longueurs derrière lui figuraient des pointures comme Romain Bardet et Dan Martin.

Romain Bardet, Thibaut Pinot : est-il vraiment nécessaire de rappeler ici tout ce que l’épreuve leur doit, mais aussi tout ce qu’ils doivent à ce Tour de l’Ain. Ils ne sont pas ingrats. Pinot est revenu l’an passé pour signer un doublé attendu au somment du Grand Colombier, « son » col de prédilection. Mais le début de l’histoire d’amour remonte bien à 2011, quand il accompagna David Moncoutié dans sa chevauchée dans le Valromey. Deux magnifiques champions étaient unis dans la victoire, dans un bonheur parfait et partagé par des milliers de spectateurs, venus ce jour-là célébrer une sorte de passation de pouvoirs entre deux grands du cyclisme français.

Oui, nous avons aimé tous ces jeunes aux dents longues, les David Gaudu, les Pierre Latour, mais aussi des étrangers comme le Hollandais Bauke Mollema, qui porta le maillot blanc, son compatriote Wouter Poels, vainqueur à Lélex en 2011 et qui a fait ensuite carrière auprès de Christopher Froome. On se souvient de l’Estonien Rein Taaramae, un fidèle, vainqueur juvénile en 2009 et encore sur la troisième marche du podium en 2018 et 2019.

TOUR DE LAIN 2017
Stage 3
© James Startt/Agence Zoom

L’édition de l’an passé a encore une fois consacré des valeurs montantes du cyclisme et on pense en particulier à ce surprenant coureur suisse Stefan Bissiger, le plus rapide au sprint à Saint-Vulbas et qui ne tarda pas à confirmer en devenant champion de Suisse espoirs du contre la montre, puis chez les élites le 12 juillet dernier, toujours dans la course chronométrée. Il a aussi pris la deuxième place de la Course de la Paix, une référence chez les espoirs. Et puis à la cinquième place de l’étape de la Faucille figurait en 2019 un certain Aurélien Paret-Peintre, un jeune Haut-Savoyard bien connu dans la région mais que certains présentent déjà comme futur Romain Bardet. Il avait déjà les crocs en début de saison à Bessèges (6e). Laissons-lui le temps de grandir tranquillement.

JF Supié

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